Le Management Equitable facteur essentiel de transformation

12 décembre 2013
Commentaires 0
12 décembre 2013, Commentaires 0

En 2013, ACDE conseil a célébré ses 10 ans d'activité. C’est l'occasion de revenir sur les évolutions qu'a connue notre économie durant cette décennie.

En France, en 2003 :

  • Le taux de marge (EBE/VA) moyen était de 30%, 33% dans l’industrie
  • On comptait 3 800 000 emplois industriels en France,
  • 50% des Excédents nets d’exploitation étaient redistribués aux actionnaires,
  • La dette publique était de 63 % du PIB soit 1000 MM €,
  • Les jeunes ingénieurs sont massivement attirés par le secteur de la finance.

Bien des dirigeants estiment alors que la performance économique et financière de l'entreprise suffit au bonheur des salariés, et que pour atteindre un bon niveau de performance économique et financière, il suffit de fixer des objectifs ambitieux, de décliner tout cela en indicateurs, en facteurs clés de succès, en task forces et en tableaux de bord. Quelques "visionnaires" pensent que l'avenir appartient aux sociétés "sans usine" voire "sans employé".

En 2013, 10 ans plus tard

  • Le taux de marge est à 28%, 21% dans l’industrie, le plus faible de l’UE
  • On compte 2 700 000 emplois industriels en France ; (un million de moins qu'il y a dix ans)
  • Dernier ratio : 80% des Excédents nets d’exploitation sont redistribués aux actionnaires 80% contre 50% il y a dix ans ; problème
  • La dette publique est de 90 % du PIB soit 1800 MM € ; elle a quasiment doublé
  • Les mathématiques financières attirent nettement moins de jeunes ingénieurs.

En 10 ans, notre monde et notre pays ont connu des bouleversements économiques, financiers, sociaux, qui nous font dire que la crise que nous traversons n’est pas une énième crise d’un système bien établi, mais sans doute la fin d’une époque.
Cela a considérablement et durablement amoindri la capacité d’investissement des entreprises en R&D, en outil industriel, en formation. Au-delà, c'est la compétitivité des entreprises qui en est affectée. Le court terme a pris le pas sur le long terme, avec les conséquences que la grande majorité de ceux qui ont encore un emploi vivent au quotidien : perte de sens au travail, surcharge, stress, crainte de la perte d'emploi.

Les managers sont les premiers affectés par les conséquences de ce moindre investissement qui réduit les moyens dont ils disposent tout en accroissant la pression sur les résultats à court terme.
Observateurs, experts économiques, leaders d'opinions ont admis qu'il faut inverser cette tendance et que pour maintenir ou restaurer durablement les performances, il ne va plus suffire de fixer des objectifs hardis, d’offrir des incentives aux commerciaux, et de taper du poing sur la table quand ça part à la dérive. Sans parler de la difficulté de mobiliser crédits ou investisseurs.
Des changements s'annoncent en matière de régulation du système financier, de lutte contre le dumping fiscal et social, d'appui à l'investissement productif. Autant d'évolutions qui ne pourront que créer un cadre favorable à la croissance, mais sur lesquels les managers ne sont pas en situation d'agir au quotidien.

Alors, comment contribuer à ces grands changements ?

Il va falloir prendre soin des individus, expliquer dans quelle direction on se dirige, et pourquoi, être précis dans ce qu’on demande aux collaborateurs, leur donner des moyens d'agir, être à l’écoute de leurs difficultés, guetter leurs progrès, valoriser leur résultats bref, comme disait Ray Croq (l'homme qui a développé McDonald's au niveau mondial) « tous les jours les surprendre à faire quelque chose de bien, et le leur dire ».
Il s'agit changer fondamentalement sa façon de manager le business et de manager les gens, à savoir de manager équitablement.

Le Management équitable est un facteur essentiel de cette transformation.

C’est en effet maintenant, dans cette période de reconstruction, que le management équitable prend tout son sens, pour que les projets soient parfaitement appropriés et intégrés par les équipes, pour que les changements soient vus comme bénéfiques, pour que les individus y trouvent leur compte et puisent leur énergie et leur motivation dans le respect et dans la confiance que leur témoigne leur management.

La performance économique des entreprises et le moral de leurs collaborateurs y retrouveront leur compte.

Vincent Guibert

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *